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À VÉLO AU TIBET !! (septembre 2005)
Le Tibet. Il a, depuis longtemps, suscité la curiosité… Il suscite la nôtre aujourd’hui… Mais son accès est toujours restreint et « interdit », en quelque sorte, aux voyageurs individuels. En réalité, il est possible d’obtenir sur place un permis pour une ou deux personnes dans une agence touristique (dans les 1 700 yuans depuis Kermo, incluant le transport et quelques nuits d’hôtel); mais ceux qui veulent rejoindre le toit du monde à vélo doivent oublier cette possibilité, du moins pour l’instant.
Les voies d’accès...
Nous sommes entrés au Tibet via Kermo (Golmud en chinois) puisque nous arrivions du désert du Taklamakan, c’est-à-dire de la province autonome du Xinjiang. Les voies d’entrée depuis Kashgar, depuis Xining ou depuis Chengdu semblent beaucoup plus intéressantes puisque moins utilisées et plus diversifiées, mais nous n’avons évidemment pas d’informations sur ces trajets.
La route Kermo/Lhasa est complètement asphaltée et très très empruntée (camions, jeep, voitures de police, convois d’armée). Parfois, il est même difficile de respirer tellement la fumée noire des camions est toxique. Ce n’est donc pas une balade du dimanche! Cette route culmine à 5 700 mètres et sillonne le plateau tibétain, offrant un paysage d’altitude qui, après plusieurs semaines de désert, nous a bien plu! Plusieurs villages tibétains parsèment la route plus au sud, à environ 600 ou 700 kilomètres de Kermo.
Les postes de contrôle
Le premier poste de contrôle se trouve à 5km du centre-ville de Kermo, immédiatement après le Pétro-China. Il est évidant, toutes les voitures doivent s’y arrêter. Nous l’avons contourné de nuit, par la droite, nous éloignant le plus possible de la route. Le terrain est difficile, avec beaucoup de relief et très sablonneux.
Le deuxième poste de contrôle se situe à 40-45 km de Kermo et est à notre avis très difficile à contourner à vélo de jour. Nous l’avons fait de nuit en longeant le mur à droite du poste (à environ 150 mètres des gardes) pour ensuite longer l’arrière des stations services qui le suivent. Il est impossible d’aller plus à droite, un barrage hydro-électrique barrant le chemin.
Sur la route, des dizaines de voitures de polices nous ont dépassés sans broncher. Nous avions des provisions pour plusieurs jours et passions rapidement dans les villes. Nous nous cachions toujours pour manger ou pour dormir.
Contrairement à ce que nous avions eu comme information, il n’y avait aucun poste de contrôle à 450 ou 500 km de Kermo (soit aux environs de Marchudram Babsuk ou Tuotuohe). Il y en avait toutefois un à Amdo, mais il s’agissait seulement d’une pesée pour les camions, les voitures n’étant pas contrôlées et passant par la gauche (facile pour les vélos). Celui à l’entrée de Lhasa était fermé lors de notre passage étant donné la température, mais certains cyclistes nous ont dits y avoir passé sans problème...
Ainsi, nous avons pu rejoindre Lhasa sans trop de difficulté. L’eau abonde sur le plateau et il est possible de se procurer des « Quick noodles » dans les villages (en le faisant discrètement et rapidement bien sûr). Le nouveau chemin de fer s’avère être d’une grande utilité pour se protéger des intempéries (tempêtes de neige, de pluie ou de vent) ou pour se protéger des regards la nuit venue. La pluie est assez fréquente sur le plateau en septembre, même si la saison « officielle » est de juin à août.
À VÉLO AU TIBET (la suite!) (31 octobre 2005)Lhasa ne pose absolument aucun problème pour les intransigeants du vélo! Le permis n’est jamais demandé et il est possible d’y circuler en toute liberté, sans aucun souci!Pour ce qui est de la route menant au Népal, elle est supposément ouverte aux étrangers et ne nécessite aucun permis, à condition de ne pas quitter la voie principale. Nous l’avons toutefois fait en passant par Gyanste et en allant visiter quelques villages et n’avons eu aucun problème. Cette route est magnifique, parsemée de lacs turquoise et bordées de glaciers et de pics de plus de 7000 mètres.
État des routes et du peuple...
Au moment de notre passage (septembre-octobre 2005), d’importants travaux avaient lieu sur la route principale, aussi appelée la «Friendship Highway », rendant le tout très très poussiéreux, boueux et peu agréable à circuler. Le tourisme a également fait quelques ravages, rendant le contact avec la population plus difficile que nous n’aurions pu le croire. Ainsi, il nous semble primordial de sortir des terrains battus et d’oser s’aventurer le moindrement afin de goûter au véritable Tibet, celui qui inspire depuis si longtemps… Et pour ne pas répandre ce fléau touristique, il est également primordial que chacun de nous agisse le plus intelligemment possible face à ce peuple qui a déjà tant subi.
Eau, nourriture et frontière népalaise...
L’eau abonde sur le plateau et il est relativement facile de s’y faire des provisions pour plusieurs jours. Il ne s'agit donc pas là d'un problème mageur. Pour ce qui est du passage à la frontière népalaise, nous y sommes passés en fin de journée (le matin étant particulièrement occupé) et le douanier chinois nous a demandé si nous avions le Alien Travel Permit. Ne l’ayant pas, il nous a demandé combien de temps nous avions passé entre Lhasa et la frontière népalaise. De façon on ne peut plus synchronisée, nous avons répondu en chœur « 10 jours ». Souriant, il nous a estampé notre passeport et le tour était joué! Il semble, (selon nos sources!!!), que la réponse idéale pour les « sans-papiers » doive se situer sous les deux semaines!!! Mais bon, comme nous avons souvent la chance de notre côté...
Pour ce qui est de la grande descente, préparez-vous à vivre les émotions de toute une vie!!!
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