|
À VÉLO AU XINJIANG!!Brochettes sur le grill, pains nan directement sortis du four, melons sucrés et épices de toutes sortes, le Xinjiang vous ouvre ses portes! Certes la route y est plus facile qu’en Mongolie, les routes principales étant majoritairement pavées ou en voie de l’être, mais le Xinjiang offre aussi ses difficultés, qui somme toute, lui confèrent un charme exceptionnel! Quand partir???
Nous sommes entrés au Xinjiang à la fin juillet, soit en plein cœur de l’été. Certes, il fait très chaud dans cette partie du monde, notamment à Turpan, la deuxième plus importante dépression du globe, où des températures allant jusqu’à 45°C ne sont pas rares. Le désert du Taklamakan, où les dunes embrassent les anciennes fondations de villages datant de la route de la soie, est également très chaud (certainement aux environs de 45°C). De là l’importance de circuler tôt le matin et tard en journée, et de s’informer de la présence ou non de puits sur la route. De violentes tempêtes de sable peuvent survenir soudainement dans cette région, et les vents peuvent être déchaînés.
Le Nord du Xinjiang ainsi que la route menant à Kashgar semblent plus cléments. Les hivers sont plus ou moins rudes selon les régions et les précipitations de neige varient du nord au sud, étant plus faibles dans les régions désertiques. Il est peut-être possible de circuler à vélo pendant cette saison, mais pour l’instant, nous n’avons pu recueillir les informations nécessaires pour le confirmer. Idem pour ce qui est du printemps et de l’automne. Mais nous gardons les oreilles grandes ouvertes!!! Une chose est sûre, voyager à vélo au Xinjiang peut devenir une expédition en soi, dépendamment de l'itinéraire choisi!
Quoi manger, quoi boire???
Le Xinjiang offre toute une variété de fruits, de légumes, de glaces, de jus et de boissons gazeuses, de pains et d’épices! Partout vous trouverez le banmian, plat typiquement ouigour, composé de pâtes fraîches, de légumes sautés et de piments forts. L’eau abonde dans certaines régions et la plupart des villages pourront même vous l’offrir froide! Ainsi, le Xinjiang ne pose pas vraiment de difficulté côté nourriture, mis à part les grandes régions désertiques où il importe de bien s’informer sur l’existence réelle de tel ou tel village et sur l’emplacement des points d’eau. Nous avions toujours avec nous près de 22 litres de cet élixir de vie, et parfois nous en aurions bien pris plus. Avec de bonnes réserves et de bonnes informations, vous pourrez parcourir le Xinjiang sans trop de casse-tête.
Prix en 2005:Banmian, entre 5 et 8 yuans, mais jamais plus de 8. Plats typiques (soupe de ravioli, riz et légumes sautés, etc.) entre 3 et 10 yuans généralement. Eau en bouteille, 1,5 yuan; jus et boissons gazeuses entre 2 et 3 yuans; glace entre 0,5 et 1,5 yuan. Nous croyons qu’il est du devoir de chacun de s’informer des prix avant d’acheter. Ces gens sont des marchands depuis des siècles… Ils ont le commerce dans la peau! En voyant votre visage d’occidental, certains essaieront de vous arnaquer. Trois yuans pour vous ce n’est peut-être rien, mais pour eux, c’est énorme. Essayez de leur laisser d’autres souvenirs que celui d’un touriste « riche » que l’on peut rouler à tout coup.
Où dormir???
Pour ce qui est du coucher, et bien le Xinjiang est composé de vastes étendues désertiques et semi-désertiques où vous n’aurez certainement aucune difficulté à trouver un emplacement pour votre tente. Il sera par contre difficile de faire de même près des grandes villes où vous pourrez trouver une chambre d’hôtel entre les 45 et 200 yuans, dépendement de l’intérêt touristique de la place (Urumqui, Kashgar et Turpan étant plus dispendieux).
Urumqui : Gambuch Hotel, au cœur du quartier ouigour, à 100 yuans la chambre, bruyant et chaud, mais l’ambiance y est. À 500 mètres du supermarché Carrefour, à ne pas confondre avec l’hôtel plus luxueux situé juste à côté, où une tour lumineuse parsemée de fluorescents multicolores éclaire la nuit. Le moins cher en ville.
Turpan : Nombreux sites d’intérêt dont la vallée des raisins et l’ancienne cité de Jiaohe; mais surtout, la « banlieue » ouigoure et son charme exceptionnel. Ici, les tarifs sont plus élevés, nous n’avons pu trouver mieux qu’une chambre à 140 yuans.Sinon, dans les autres villes, il semble possible de trouver des chambres entre les 45 et 70 yuans, toujours en discutant des prix bien sûr. Le peuple du Xinjiang est d’une hospitalité incroyable, n’hésitez pas à saisir les opportunités qui s’offrent à vous!
S’orienter et communiquer…
Nous nous sommes procurés notre carte du Xinjiang avant notre départ, ce qui a été fort utile dans notre cas. Il est toutefois possible d’en acheter à Urumqui (et probablement dans d’autres villes comme Turpan, Korla ou Kashgar). Les cartes touristiques autorisées par la Chine "omettent" parfois d’indiquer les villages ouigours… D’autres fois, elles indiquent la présence de villages dans les régions désertiques qui sont en fait abandonnés depuis déjà plusieurs années. Ce fut particulièrement le cas pour la route entre Korla et Ruoqiang. Il importe donc de bien s’informer auprès de la population locale avant de se lancer dans une escapade du désert qui pourrait autrement tourner mal! Sinon, le système routier est bien développé.
Certaines régions du Xinjiang nécessitent des permis spéciaux… Les agences touristiques pourront vous informer à ce sujet…
***La Chine a « libéré » le Xinjiang en 1950 et depuis ne l’a jamais quitté. Le peuple ouigour qui a longtemps été majoritaire dans la région voit aujourd’hui sa proportion grandement diminuée face à la migration massive de Hans venus de la Chine orientale. Les ouigours représentent aujourd’hui environ 40 % de la population totale du Xinjiang (il en représentait 70% il y a à peine 15 ans…). Ainsi, un dictionnaire ouigour peut être plus qu’intéressant si vous souhaitez partager le moindrement avec ce peuple on ne peut plus respectueux. Un petit « Phrase Book » en mandarin est également essentiel, puisque les chinois représentent aujourd’hui 40 % de la population totale. Plus au Nord, vous rencontrerez des Kazakhs qui sont également très hospitaliers.*** Un peu plus…
Les questions d’argent et de mécanique vélo ne posent aucun problème dans cette contrée où les gens marchandent depuis des millénaires. Pour nous, cette région du monde est un véritable coup de cœur… La culture ouigoure est certes à découvrir et l’ambiance qui y règne nous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, cette route était la Route de la soie.
Ici, nous avons encore une fois appris à quel point la générosité peut faire d’un instant un moment magique, dont on se souviendra longtemps… Être généreux de sa personne apporte non seulement à l’autre, mais à soi également.
Bonne route!!!
|