(Mongolie, 5 août 2005)

Passage difficile...
                
Imaginez-vous un instant. 2 100 km à travers déserts et montagnes, 2 100 km à travers la Mongolie, dont la rudesse du climat n'est plus un mythe pour nous. Nous étions exténués, épuisés.  Notre visa allant expirer sous peu, nous devions continuer et franchir cette frontière qui, disait-on, nous emmènerait vers une contrée plus clémente, où eau et nourriture abondent. 


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Mais voilà, malgré les informations obtenues, malgré les longues discussions mimées et pointées du doigt dans notre petit dictionnaire, la frontière mongole-chinoise nous était interdite.  Seulement les Chinois et les Mongols avaient la permission d'y passer, et jamais des occidentaux « non-officiels » (prospecteur minier par exemple…) n'avaient pu la franchir.

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Les Mongols ont fini par accepter après deux jours de discussion, mais catégoriquement, les Chinois ne voulaient pas de nous…  Nous devions retourner à Oulaan Baatar, notre point de départ, puis voler pour la Chine ou même pour l'Inde, notre projet étant en quelque sorte coupé en deux.  Pendant trois jours, nous avons tenté de contacter l'ambassade, en vain, la connexion téléphonique étant défectueuse dans ce coin de pays.  Deux fois seulement nous avons pu les rejoindre: répondeur.

Comment expliquer ce goût amer, cette grande déception?  Comment retourner sur ses pas après autant d'efforts?  Puis, sur notre route, nous avons croisé deux autres « intrépides » européens qui avaient entendu parler de cette soi-disant ouverture de frontière.  Ils avaient déjà fait les arrangements avec un homme d'affaire chinois pour la modeste somme de 660$ US CHACUN (!!!), sans tenter de négocier…  Vive la corruption…

Jamais nous n'aurions voulu faire partie d'un tel arrangement, ou plutôt en prévoir la tenue.  Mais là, que faire?  Nous étions déjà illégaux en Mongolie, ayant trafiqué le 0 du 20 pour un 6 sur notre visa…

Nous avons appelé cet homme, négocié à 400$ US chacun (prix moins élevé qu'un retour sur nos pas et vol pour la Chine…) et avons attendu, dans le plus grand stress, 10 longs jours.  Quand nous l'avons vu, nous ne pouvions y croire;  cette estampe rouge sur notre passeport.  Le 24 au matin, nous avons refait le trajet pour la frontière, passant par toute une gamme d'émotions, et de papiers. Puis, doucement, nous nous sommes dirigés vers le drapeau chinois.  Un des douaniers qui nous avait d'abord refusé est venu serrer la main de Mel en lui souhaitant, dans un anglais cahoteux, « Joyeux Anniversaire !» .

Dès ce moment, nous le savions, c'était bon. Cet homme d'affaire aux allures modestes nous attendait, nous faisant passer rapidement d'un guichet à l'autre.  Ce que l'argent ne peut pas faire…


Mais quand même, il n'y a pas eu que des moments difficiles dans les dernières semaines…

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Il y a eu ces 8 jours passés dans une famille mongole; 8 jours à vivre la vie de nomades, à traire les chèvres comme à monter une yourte, à tondre les moutons comme à préparer les repas.  8 jours où rapidement, des liens se sont créés, 8 jours qui sans aucun doute resteront gravés en nous…
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Puis la Chine…

Le mythe était donc réalité.  La Chine nous offre tout ce qu'une telle nation en effervescence peut nous offrir: des sourires aux klaxons, des pastèques aux jus de fruits, des mets épicés aux pains de sésames…
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Nous avons traversé un immense désert en un temps record, sur une route fraîchement pavée, pour enfin arriver à Urumqui, capitale du Xinjiang, province autonome de la Chine.  Ici, la culture d'Asie centrale se mêle à celle des chinois de l'Est, et un air des contes des milles et une nuits règne en cette ville qui nous offre toute sa beauté, sa culture et son charisme.
Nous étions heureux dans l'immensité des plaines de la Mongolie, mais que de plaisirs de sentir la vie et l'atmosphère qui règne en ce coin du monde, où la musique de fête se mêle aux odeurs.  
 
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