(Xinjiang, 30 août 2005)Coup de coeur ouigour...
Le Xinjiang… Nous avançons au rythme de la musique, au rythme de la vie. Sur notre chemin, tous ces sourires, tous ces coups de pouce en signe d’encouragement. Souvent, les gens, autant les chinois que les ouigours, s’arrêtent pour nous offrir melons ou bouteilles d’eau.  Ici et là, des maisons de terre au toit de paille, des ânes tirant la charrette, des hommes et des femmes … Des hommes et des femmes qui nous font oublier la folie que peut parfois nous offrir ce monde; des hommes et des femmes dont l’humilité et le respect ne peuvent que nous faire apprécier encore plus d’être là, ici et maintenant.


D’évoluer dans cette contrée en mouvement, où les ouigours tentent avec peine et misère de contrebalancer la présence chinoise qui se fait de plus en plus envahissante, nous fait réaliser à quel point le monde entier devrait ce soucier de l’émergence de cette nation. Ce ne sont pas des dizaines, mais des centaines d’usines à charbon qui, dans certaines régions, parsèment le paysage. 
Et parfois, nous avons l’impression d’avoir pénétré une fourmilière tellement le nombre de travailleurs sur les routes est important. Nous ne connaissons pas la Chine, nous sommes au Xinjiang; mais tout de même, nous avons la profonde impression que cette nation marquera le monde.
IL Y A DE CES MOMENTS...
Il y a de ces moments qui restent gravés dans la mémoire; ils sont rares, uniques, et peu communs…

Hier, nous nous sommes éveillés très tôt, avant que le soleil ne se lève; nous voulions filmer cette étendue immense, ce désert de sel dans lequel nous évoluions depuis quelques jours… La beauté du moment était mémorable : le vide, l’immensité, la désolation.

Puis, doucement, le vent s’est levé. Tout doucement. Mais rapidement, ce qui semblait être une brise matinale est devenue une véritable tempête de sable! Nous pouvions le sentir dans l’air, à chaque inspiration. Un mur se dressant tout autour de nous. Nous n’avions d’autres choix que de prendre la route, les villages précédents ayant été désertés il y a déjà quelque temps, et par conséquent, nos réserves d’eau et de nourriture descendaient à vue d’œil. C’est ainsi que nous avons évolué dans ce chaos naturel, le visage couvert d’un foulard, le vent soufflant le sable vers d’autres lieux. Cette vision chaotique était rude et douce à la fois… Comme si nous savions que nous vivions un moment unique, qui ne se répèterait probablement jamais dans notre vie.

Puis, soudainement, ce désert que nous traversions depuis 3 jours s’est transformé en une immense mer, de part et d’autre de la route. Nous étions estomaqués, abasourdis. Comment cela était-il possible??? De l’eau à perte de vue, ou du moins jusqu’à ce que le mur de sable ne se dresse à une centaine de mètres de nous. Des oiseaux « marins » survolaient même cette étendue fantomatique… Jamais nous n’oublierons ces images, jamais nous n’oublierons ce moment… L’absurdité de ce monde fait parfois sourire…
Cinq kilomètres plus loin, nous retournions dans le désert, son sable et ses 45 °C.
Le Tibet est maintenant tout près. Demain, nous attaquons notre premier col de plus de 4 000 mètres; mais surtout, nous nous préparons mentalement à franchir cette frontière « interdite » aux cyclistes.
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