(Tibet, 26 septembre 2005)
« Ce qu’il reste d’eux… »

Le plateau tibétain…  L’immensité, les montagnes enneigées, les gorges d’une beauté infinie. Le désert nous a tellement marqué que même ici, où l’altitude impose ses restrictions au monde de la nature, nous sommes comblés.

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Les plaines sont d’un vert dont nous avions oublié l’existence et hébergent des gazelles, des ânes sauvages et d’immenses troupeaux de yaks qui profitent des vastes pâturages que l’on y trouve.  Les rivières sont nombreuses, les cols aussi.  Depuis plusieurs jours, le souffle court, nous évoluons à plus de 4 500 mètres d’altitude. Plus nous avançons, plus nous sentons ce Tibet qui, après tout ce que nous avions lu*, ne semblait plus exister.  Doucement, nous entrons en contact avec ce peuple des plus colorés, profondément religieux, chaleureux, qui semble vouer un immense respect aux étrangers venus supporter leur cause.
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De très vielles femmes viennent à notre rencontre, nous saluent : « Tashidelek! » et continuent leur chemin en faisant tourner leurs moulins à prières religieusement.
Nous ne sommes pas entrés sans difficulté dans ce Tibet qui, encore aujourd’hui, est interdit aux individuels (voir Chronique vélo « Au Tibet »).  Déjà, nous sentons ce qui a pu émerveiller autant de gens de par le monde. Ce culte religieux, ces coutumes vestimentaires et cet art certainement endémique. Mais surtout, surtout, ce peuple qui invite au respect et suscite la curiosité.  Invariablement, il est pour nous mystérieux.
Nous sentons aussi que le Tibet est réellement occupé et que le gouvernement chinois semble déterminé à assimiler son peuple pour de bon.  La présence militaire est impressionnante et une tactique d’étouffement culturel semble être employée, comme c’était le cas à Urumqui, capitale du Xinjiang. Difficile de comprendre…

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Mais une chose est certaine, ici, comme ailleurs, c’est le gouvernement et non le peuple chinois qui semble opérer ces tactiques impériales…

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Nous tenterons de reprendre des forces en passant quelques jours dans un monastère et en s’arrêtant dans un village sur la route du Népal (la frontière du Sikkim étant toujours interdite aux étrangers). D’ici là, nous tenterons de goûter un temps soit peu à « Ce qu’il reste d’eux » ; car en tant qu’optimistes invétérés, nous avons l’impression que ce qu’il reste d’eux, restera longtemps… Détails culturels à venir…


* Le Tibet a été envahi par la Chine en 1950 et la Révolution culturelle de la fin des années 60 a tué plus d’un million de Tibétains et engendré la destruction de milliers de temples.  L’accès au Tibet est interdit aux individuels ou cyclistes.  Un permis spécial est nécessaire et ne peut être obtenu qu’à condition d’être en groupe, de voyager en véhicule motorisé et de verser un certain montant d’argent. Une amende de 50$ US peut être imposée aux intransigeants. Ils peuvent aussi se voir expulser de la région tibétaine. Plus de détails dans la chronique « À vélo au Tibet ».
 
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