(Tibet, 20 oct 2005)
La beauté de la vie, le besoin de la vie...
La cage thoracique écrasée par l’altitude, le souffle court, nous venons de traverser notre Xème col à plus de 5 200 mètres d'altitude. Les nomades de leur côté ne semblent y voir aucun problème, laissant paître leurs troupeaux sur des parois où même les grimpeurs les plus aguerris n’oseraient s’aventurer sans équipement…
 La route est difficile, des milliers de personnes, des enfants aux vieilles femmes tibétaines, y travaillent pour une bouchée de pain, dans des conditions on ne peut plus misérables. Malgré tout, rien ne les empêche de nous sourire et de nous inviter à prendre le thé! D’un autre côté, les effets du tourisme se font également sentir; plusieurs nous demandant vêtements et argent, nourriture et crayons, voyant plus nos sacoches à vélo que les sourires que nous avons à leur offrir. Difficile d’établir des relations sincères et profondes dans de telles conditions.Nous amorçons la descente qui devrait nous permettre de dormir à une altitude plus confortable quand nous apercevons à l’horizon un village haut perché dont les derniers rayons de soleil éclairent les remparts. La vision est prophétique... Aucune route ne s’y rend, et il y a certainement 2 rivières à traversées, mais nous sentons le besoin d’oser… C’est ainsi que nous passerons la nuit sur le balcon d’une famille on ne peut plus accueillante. Le temps des récoltes voulant, Olivier aidera les hommes à charger les ânes alors que Mel aidera la vieille femme à tenir la maison. Momo (viande de Yak entourée d’une pâte épaisse), thé au beurre et bâc (purée de céréale) agrémenteront notre journée…Il est parfois difficile d’oser, ici comme ailleurs; mais plus souvent qu’autrement, OSER nous a permis d’apprendre, de grandir et de partager. La descente d’une vie…
Notre dernier col! Quelle sensation! Nous amorçons notre descente, nos derniers coups de pédale dans l’Himalaya. Et comment décrire… Depuis les débuts de la Mongolie, nous n’avons rencontré aucune forêt, pratiquement aucun arbre; et soudainement, en l’espace de quelques heures, nous passons de 5200 à 1000 mètres d'altitude, nous enfonçant dans la jungle népalaise, déconcertés par la présence soudaine de cultures en terrasse, de femmes en sari et de temples hindous. La vie, la nature, nous avait tellement manqué… Et doucement, nous réapprenons à parler, à compter et à décrypter le langage corporel… Bienvenue au Népal!!! *Nous avons voulu respecter le peuple tibétain qui, depuis plusieurs années, est submergé par les touristes qui les assaillent de leur appareil photo. Ainsi, nous avons peu de photos témoignant de la culture de cette région, mais tout plein de détails à raconter… (Si cela vous intéresse, le livre CADENCE racontant notre traversée est disponible depuis février 2007…).

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