(Inde, 5 décembre 2005)  
En gardant son souffle...          

    Au son des tablas qui résonnent encore dans nos têtes, nous avançons vers le Bihar, l'un des états les plus peuplés, les plus pauvres et les plus dangereux de l'Inde.  Il y a 3 jours à peine, une fusillade a eu lieu dans l'une des villes que nous nous apprêtons à traverser:  "Ne vous arrêtez jamais, ne prenez pas les détours causés par la route en construction, et surtout, cessez de pédaler avant le coucher du soleil..." , nous avait-on averti.  Peu rassurant.  Et certes, plus nous avancions dans le Bihar, plus nous sentions cette différence.  Ici, encore plus qu'ailleurs, les hommes, les femmes et les enfants se battent pour leur survie.
 
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 Mais ce ne sont ni des bandits, ni des groupes armés, ni des révolutionnaires que nous avons croisés sur notre route; ce sont plutôt des milliers de sourires, des yeux en point d'exclamation (ou en point d'interrogation!?) et des gens remplis d'une curiosité impossible à contrôler!

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À tous les jours, l'Inde nous dévoilait d'autres visages, d'autres moeurs, d'autres coutumes.  Mais nous étions désormais si habitués à la différence, à l'inusité, que plus rien, ou presque, ne nous surprenait!  Puis, doucement, au fil du temps et des coups de pédale, nous avons commencé à sentir l'air marin, à apercevoir des palmiers, à comprendre que nous étions tout près, tout près de la fin... 

    Et curieusement, c'est à quelques centaines de kilomètres de l'arrivée que le sentiment d'extase, d'accomplissement, de réalisation s'est fait sentir... 

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   7 951 km...  Déjà!?  Et nous qui étions néophytes au départ!  Mais l'aventure ne s'arrêtait pas là, ho non!, nous voulions plus que tout la continuer!   Dans la vie de tous les jours, certes, et de par les nombreux projets que nous avions créé en cours de routes; mais surtout, par la concrétisation de ce rêve...  Ce rêve de partager avec le plus grand nombre de personnes possible nos valeurs, nos idées, nos idéaux...


 
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